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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

relations amoureuses et liberté individuelle (2)

La philosophie n'est pas très bavarde en matière d'amour. Ou alors, chez Platon, l'amour doit être intellectualisé. Il y a souvent une notion d'aboutissement, et l'amour rejoint le domaine des Idées. En fait, certainement qu'en matière de sentiments, la réflexion philosophique atteint ses limites, et tant mieux dirais-je! On ne peut pas philosopher sur tout. Cependant, si on ne peut analyser philosophiquement les sentiments sans les dénaturer, on peut déplacer la discussion sur le terrain de l'éthique, des relations, et des actes qui font exister ces relations. Alors je ne vais pas parler d'amour mais de relations amoureuses.
Trop souvent, et la plupart du temps, les modalités d'une relation amoureuse entre deux êtres ont quelques chose de convenu : soit c'est pour un soir, un peu de bon temps, et on passe à autre chose, soit ça s'installe, on est alors "un petit couple", on s'appelle, on fait tout ensembles, on s'appartient. D'un côté c'est superficiel, il n'y a pas d'engagement, de l'autre il y a oubli, voire déni de soi-même. Que devient la liberté individuelle, l'intégrité individuelle, dans ce type de relation amoureuse ? Pour l'avoir expérimenté à plusieurs reprises, je dirais que même si ce don de soi est consenti, il finit par devenir aliénation, dans la mesure on l'on est, on agit, et même on pense en fonction de l'autre. Et d'un autre unique qui plus est ! Possessivité, exclusivité, aliénation... Ou là là, pour l'instant le tableau n'est pas très engageant pour cet être libre que j'entends être! Parenthèse : je suis condamnée déjà à une servitude volontaire en tant que citoyenne, j'espèrais donc qu'au moins il me restait une part de liberté dans mes relations "réelles" avec les gens... Ben, pour l'instant, cela n'a pas l'air si simple. Même s'il y a quelque chose de consenti dans la relation amoureuse, même si exclusivité et aliénation sont consentis, il y a forcément dépossession de soi-même pour l'autre. Et ce rapport d'aliénation va jusqu'à fausser nos relations en général parce que le fait "d'appartenir" à quelqu'un nous prive
de relations entières et authentiques avec les autres. C'est dommage, c'est apauvrissant. Et on finit un jour par reprocher à l'autre de ne pas nous laisser libres alors que nous sommes responsables de ce dans quoi nous nous sommes laissés aller, par facilité, par aveuglement, par convention. On ne doit pas dépendre d'un autre, sur le plan personnel. Je crois que chacun d'entre nous est seul au monde, qu'on doit l'accepter et l'assumer, et que ce qui nous lie le mieux à nos congénères c'est l'amour, dans l'acception la plus large du mot. Un amour qui n'est pas sous-tendu par la possessivité, le manque, le fantasme ou les a-priori. Mais plutôt par le respect, la confiance, les échanges, la parole, la tendresse, le désir de connaître et non de posséder... Une seule personne ne peut pas me suffire, je ne peux pas suffire à une seule personne, et dans chaque personne il y a quelque chose de bon qui mérite que je m'y intéresse. La vie est comme un tissage relationnel.
Attention, je ne suis pas en train de parler de relations sexuelles ni de prôner le libertinage. Je parle de relations amoureuses (sexe et amour : l'un n'empêche pas l'autre bien sûr mais il ne s'agit pas de la même chose), donc d'amour au sens large (amitié, admiration, complicité, fraternité, etc). Je crois que les relations amoureuses sont multiples et qu'il ne faut se priver de rien tant qu'on respecte l'autre bien sûr et aussi ses propres limites. Et tant que les choses sont claires entre les gens. Passer de l'implicitement convenu au librement pensé, parlé, choisi. Je voudrais terminer par ces mots de Michel Onfray (encore lui!!!) in La puissance d'exister : "Ma définition du célibataire ne recouvre pas l'habituelle acception de l'état civil. A mes yeux, le célibataire ne vit pas forcément seul, sans compagnon ni compagne, sans mari ou femme, sans partenaire attitré. Il définit bien plutôt celui qui, même engagé dans une histoire qu'on dira amoureuse, conserve les prérogatives et l'usage de sa liberté. Cette figure chérit son indépendance et jouit de sa souveraine autonomie. Le contrat dans lequel il s'installe n'est pas à durée indéterminée, mais déterminée, possiblement renouvelable, certes, mais pas obligatoirement."

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Valerie 13/05/2007 14:27

Arnaud!!! bon sang arrête de raconter n'importe quoi, on a besoin d'amour et toi aussi et comme quoi tout ne te passe pas par dessus, puisque tu attaches de l'importance à ta femme et tes enfants, on a besoin des autres, de cet attachement à l'autre pour survivre dans ce monde, on a besoin d'amour, et surtout mais là je parle pour moi, j'ai besoin d'aimer les autres et de leur donner pour vivre et me sentir vivre...je ne vis que pour ça en fait, donner, donner, donner sans cesse, jusqu'à parfois me perdre, mais tant pis...Sors de ta carapace...sans forcément la mettre de côté, c'est aussi ça s'ouvrir aux autres ;-)Bisous Morgane, c'était une petite parenthèse pour Arnaud que j'apprécie évidemement beaucoup, et qui joue le dur mais...t'en connais beaucoup des papas qui restent s'occuper de leurs enfants, il faut je pense être plein d'amour pour ses enfants ;-) 

arnaud 12/05/2007 23:32

Salut, moi je te propose une solution, faites comme moi, n'aimez personne, c'est pratique, je simplifie toutes les relations en ne parlant à personne.J'aime pas Sarkozy, j'aime pas Jésus, et encore moins son père.Je fais juste exception pour ma femme et mes mioches, mais c'est différent, je vais pas finir tout seul quand même.Allez, pour redevenir sérieux, même sui j'aime pas ça, je dirais juste que ce métier m'a blindé et qu'à défaut de n'aimer personne, tout me passe par dessus y compris le besoin d'amour des autres.Allez, salut je dis que des conneries, allez Bye

Morgane 13/05/2007 13:42

Qu'est-ce qui te passe par dessus, le besoin d'aimer les autres ou le besoin de recevoir l'amour des autres?C'est vrai que le métier qu'on fait nous transforme, ou alors, il accentue certains traits chez nous qui peut-être d'ailleurs sont à l'origine de notre choix pour ce métier... Dans le mien la relation est primordiale, mais du coup la distance aussi, car il faut rester professionnel et ne pas se faire bouffer par son propre boulot... N'aimez personne, une solution ? Pourquoi pas... C'est vrai que chaque relation est une prise de risque... Mais moi j'aime les risques!!!

Valerie 09/05/2007 23:12

Bonsoir Morgane!!! je suis d'accord avec Christophe, remarque c'est rare que je ne le suis pas (si je ne le suis pas, on se tape dessus!!! naaaaaaaan je rigole!!!!)
Du coup, il m'enlève les mots de la bouche, euh  non je dirais plutôt , les mots des doigts!!! Tant que les frontières entre les deux êtres sont respectées, et leur liberté individuelle, alors l'amour prend tout son sens...
Bonne nuit Morgane et bon courage pour ton boulot, je sais ô combien il est difficile...;-)

Morgane 12/05/2007 19:13

Merci Valérie ! Et bon courage à toi aussi !Je suis bien d'accord avec toi, et c'est la seule condition pour ne pas s'enfermer dans une seule relation (je crois que c'est la pire des choses et malheureusement ça arrive assez souvent, et de manière plutôt pernicieuse...) Mais si on est vigilant, sûr de l'autre et sur de soi, complices et confiants, aaaah que c'est beau l'amour ;-) !!!!

chris 08/05/2007 19:13

L’amour, qu’est ce donc que cela,,,,,
J’ai aimé ton texte, tes idées,
Et j’adhère totalement à Platon , oui je l’affirme j’intellectualise tout, y compris l’amour,,,,, quoi de plus beau que de se retrouver avec quelqu’un dans un lieu incongru et de faire l’amour comme des animaux,,,,,

Je suis en pleine contradiction mais non en fait, le plus beau défi c’est justement celui ci,,,, aimer une personne, intellectualiser une relation, vivre des moments tendres, des embrouilles carambars, des cinés foireux, des promenades mains dans la mains les larmes aux yeux et aussi des étreintes sauvages, limite perverse, chacun ses tabous, ses frontières,,,,,

Le tout est de tomber sur la bonne personne, de tomber d’accord sur la relation et l’attitude à adopter au moment convenu,,,, s’aimer c’est savoir se détester quand il le faut, se violenter quand c’est nécessaire, se cajoler quand on désespère, mais toujours être là parce que l’autre est également là.

Aimer c’est partager, après on peut discuter,,,,
Qu’est ce que la fidélité, qu’est ce que l’amitié, qu’est ce que l’amour,,,,,, la réponse elle se fait au cas par cas,,,, au jour le jour,,,,
Chacun ses limites, chacun ses tabous,,, l'essentiel c'est de se parler, de s'accorder, de s'aimer,,,,,

Morgane 09/05/2007 21:43

Oui, bien d'accord : l'essentiel dans une relation, c'est la communication, et l'accord mutuel. Pas de loi, pas de convention, rien que du bonheur!! Et le pire c'est que je suis persuadée que l'on peut étendre ce principe à toutes les formes de relations sociales, il suffit "juste que les êtres humains s'humanisent un peu plus..à bientôt

chris 08/05/2007 18:37

tu poses une question et une reflexion interessante,,,, qu'est ce que l'amour,,,, je reviens,,, Jésus a dit,,,, non je déconne,,,,

je tape sous word et je poste,,,,, j'adore tes textes,,,, tu peux remercier Val,,, biz

Morgane 09/05/2007 21:40

Jésus a dit texto (traduction oeucuménique): "Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n'a d'amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu'il aime. Vous êtes mes amis si vous faîtes ce que je vous commande"(Jean, 15), sauf mon respect pour le personnage, tu as remarqué que je ne suis pas tout-à-fait d'accord avec ces propos totalitaires... Merci de me lire, et c'est clair, merci à Val grâce à qui j'ai quelques lecteurs supplémentaires!!!