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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

mort et liberté

Un ami m’a fait part ces derniers jours d’une réflexion très intéressante : chacun sait qu’il va mourir, vivre c’est savoir qu’on est mortel. Ce constat évident devrait nous faire ressentir une liberté quasiment vertigineuse. Au lieu de ça nous angoissons, au lieu de vivre, tout simplement. Nous cherchons à nier notre propre mortalité par une recherche permanente de sécurité, et cela se ressent constamment : orgie d’assurances en tous genres, lois sécuritaires, voire totalitaires, conseils alimentaires, sécurité de l’emploi, accumulation d’argent et de biens matériels, inquiétude pour nous et pour ceux qui nous entourent. Mais dans cet état d’esprit, ne passons-nous pas à côté de l’essentiel, du présent, de ceux que nous sommes, de la vie tout simplement ? A côté de l’amour, même, parfois ? J’ai bien conscience que la liberté que nous devrions ressentir est à double tranchant, et peut faire peur : si elle hôte à autrui jusqu’à sa conscience morale, il peut aller jusqu’à me faire du mal sous prétexte qu’il est libre… Mais la liberté dont je parle n’est pas celle-là. C’est la liberté de vivre comme nous l’entendons au plus profond de nous-mêmes, au milieu des autres et après une véritable introspection. Au milieu des autres et pas selon un modèle ou des conventions établies. Vivre selon ce qui nous paraît juste et honnête, intimement et sans crainte. Au lieu d’avoir peur de mourir nous devrions essayer de vivre parce que justement, la vie est temporaire. Nous ne sommes pas grand-chose, nous sommes de passage, que restera-t-il de la plupart d’entre nous après là mort ? Je n’en sais rien et de toute façon, cela ne nous appartient pas. Seule la vie, qui nous est pourtant donnée sans que nous ayons rien demandé, nous appartient. J’ai lu dans un livre de Bernard Gibello : « Il me semble que Freud a découvert les effets pathogènes liés à la pulsion de mort, sans saisir la place de cette pulsion dans les processus de développement normaux. Il est peut-être dommage que la désignation que Freud a proposée pour cette pulsion soit pour nous tellement prise dans un jeu d’associations d’idées relatives à la mort, à la destruction, à l’anéantissement que nous en éprouvions les plus grandes répugnances à en envisager les effets positifs et heureux. Mais il me semble important de ne pas nous laisser emprisonner dans ce réseau d’association d’idées angoissantes au point de dénier ces aspects utiles et nécessaires. » 
Et je voudrais terminer sur ces mots qu’on prête à Pierre de Coubertin (mais en fait, ben… Il l’a jamais dit, tant mieux !) : « L’important c’est de participer »

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jean-marie 27/09/2007 01:50

bonsoir, chère Morgane,Bien sûr que je viens régulièrement sur ton blog... J'attends avec impatience tes nouveaux articles mais je comprends que tu aies d'autres préoccupations... et je pense que la préparation de tels articles est un travail très prenant... je ne me décourage pas...Je suis heureux de voir  que d'autres lecteurs nous rejoignent en particulier mon amie Melly, si riche d'expérience passionnantes...très amicalementjean-marie

Melly 17/09/2007 21:16

Oui, c 'est ce que je me dis depuis qq années, avec l'âge : à quoi bon amasser des "biens sur terre" ! alors qu'on va en enfer...euh, non, pardon, au Paradis !en tout cas, merci à Jean-Marie de m'amener "ici" ; on y trouve de quoi réfléchir !

Alainx 31/08/2007 20:29

voila un blog bien intéressant et riche !Domme que vous n'y écriviez pas plus souvent !!Je reviendrai cependant....

Morgane 12/09/2007 12:47

Bonjour Alainx ! Et merci pour ce commentaire encourageant... Des complications techniques et une vie pas forcément matériellement "dans les normes" m'empêchent d'entretenir ce blog autant que je le voudrais... Et du manque de temps aussi... Mais promis avec la rentrée je serai plus sérieuse !

jean-marie 11/08/2007 00:07

D'accord avec toi, chère Morgane... les croyances des autres peuples ne sont que cela, de simples croyances, des mythes... mais la poésie réside pour moi là justement et combien de ces mythes ont servi sinon de base,  au moins d'exemple clarificateur et parfois fondateur à des hypothèses philosophiques... Oedipe, Prométhée, et combien d'autres personnages de la... mythologie. J'ai trouvé un peu par hasard une phrase de Lévy-Strauss : "Peut-être découvrirons-nous un jour que la même logique est à l’œuvre dans la pensée mythique et dans la pensée scientifique, et que l'homme a toujours pensé aussi bien." cela me semble compléter ce que tu dis : " je trouve que la poésie est une belle alliée d'un certain domaine de la philosophie, celui qui justement nous accompagne dans notre pérégrination..."Je balbutie mais j'aime essayer de comprendre un peu tout...  je me veux "poète" bien que je laisse aux autres le soin de juger si ce que je commets de temps en temps est de la poésie... J'espère que mes réflexions quelque peu dérisoires ne te donnent pas trop l'impression de perdre ton temps car j'apprécie beaucoup ce que tu publies et tes réponses...amicalementjean-marie 

Morgane 12/09/2007 12:44

Bonjour Jean-Marie ! J'espère que tu continues parfois de venir sur mon blog malgré mon manque d'assiduité blogosphérique, et que donc tu pourras lire cette réponse... Techniquement pour moi en ce moment c'est un peu compliqué de m'occuper du blog, mais c'est promis je m'y remets très vite. Bien sûr que j'apprécie tes posts et tes réflexions, moi-même je ne suis qu'une modeste interrogeuse et tes messages sont des pas supplémentaires en même temps que des encouragements!à bientôt !

morgane 09/08/2007 10:28

Bonjour Jean-Marie ! Merci pour ton commentaire et désolée de n'y répondre que maintenant, j'ai vraiment des problèmes avec ma plate-forme OB et je ne peux plus répondre aux commentaires, du coup je me sers directement du blog, c'est plus simple... Pour en revenir à ce que tu disais, je trouve que le mot "pérégrination" pour parler de la vie est magnifiquement juste. C'est un mot que sonne bien, qui évoque le chemin, l'ouverture d'esprit, et une certaine lenteur qui invite à la réflexion personnelle... De plus, et je n'étais pas de cet avis avant, aujourd'hui je trouve que la poésie est une belle alliée d'un certain domaine de la philosophie, celui qui justement nous accompagne dans notre pérégrination...Ceci dit, si tu le permets, car je n'ai jamais étudié l'éthnologie, donc je ne connais pas les croyances du peuple Sara, je pense que justement, la vie sur terre est la vraie vie, parce que c'est la seule qui me semble tangible et quelque peu réelle. Le reste, la mort, et ce qu'il y aurait après, ce ne sont "que" croyances et espoirs invérifiables tant que nous sommes "ici-bas"...AmicalementMorgane