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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

en quoi est-ce que la philo ne peut rien pour moi ?

Nos réflexions philosophiques nous sont personnelles. Philosopher c’est entre autres refuser généralités et lieux communs. Et la meilleure façon d’éviter cet écueil, c’est de parler de soi, c’est d’évoquer ses propres réflexions, quelqu’elles soient, ne pas en avoir peur ni honte dès lors qu’elles sont de l’ordre d’une quête de sens, et que, je dirais, elles n’apportent pas de réponses figées mais plutôt des questions. Après on se construit soi-même son petit système philosophique personnel, il vaut ce qu’il vaut mais il est construit, étayé, pensé à partir de notre vécu, de nos émotions, de nos forces et de nos faiblesses. Ce petit système, pour peu qu’on prenne le temps de s’y pencher un peu, nous aide à vivre. Et puis surtout, nous devons nous attendre à ce que, confronté aux systèmes des autres, il soit remis en question, amélioré, complété, et même parfois la discussion nous conforte dans l’idée que notre système est béton, que c’est notre vérité, ou plutôt, notre conception de la réalité, et qu’elle est tout aussi valable qu’une autre… Tant qu’on ne force personne à adopter notre propre système. C’est quand même une chose paradoxale, ce système qui m’aide à vivre, me donne de la force et bien souvent m’apaise, tout en étant potentiellement, et toujours, questionnable. C’est un équilibre ponctuel, conjoncturel, l’équilibre est un état que l’on cherche mais qui n’est, par définition, jamais stable…

Dans un tas de domaines ce système est mon bâton de funambule. J’ai tendance à prendre la vie comme elle vient, à voir le bon côté des évènements, des gens, à ne pas trop m’apesantir sur le reste, parce que je n’en vois pas l’intérêt, disons, à l’échelle de ma courte vie… J’essaie d’agir en conscience quand les choses se présentent, et d'avancer dans le concret, que ce soit sur le plan matériel, mais aussi relationnel. Ça a peut-être un petit côté empirique, tout ça (et oui, des fois on se rend compte que notre petit système se rallie à quelques grandes théories !). Donc, en général, ce système m’aide à prendre la vie avec une certaine naïveté que je revendique et que j’assume (j’essaie quand même de ne pas me faire avoir par les escrocs !!).
Mais, il y a un domaine où il ne m’est d’aucun secours, et là… Non, impossible, rien à faire, dans ces cas-là mes émotions ne trouvent aucun apaisement, pour faire simple : impossible de me faire une raison. Mes réflexions alors m’abandonnent et laissent mon cœur à son triste sort. Ou alors c’est peut-être que mon cœur pour une fois dit que non, là il ne se laissera pas maîtriser… Nan mais là j’arrête, ça devient trop personnel.

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jean-marie 20/11/2007 13:51

bonjour, chère Morgane...Je t'ai parlé de mes émotions avec mon émotion et tu l'as très bien compris. Je croyais naïvement  que c'était en cela que la philosophie ne pouvait rien pour moi mais, à la lueur de tes réflexions, je pense que c'est une erreur, la philosophie peut toujours quelque chose... "S'investir totalement dans une théorie, c'est mettre en jeu sa propre liberté de penser" et je crois que c'est le constat que je fais aujourd'hui... même s'il est bien tard ! mais sans le comprendre vraiment, auparavant, si j'ai changé souvent, c'est que j'étais arrivé au bout. Chacune des "grandes" théories exige, qu'on le veuille ou non, que l'on aille effectivement  jusqu'au bout et n'est-ce pas ce que l'on peut qualifier d'extrémisme ou plus simplement de fanatisme ?Aujourd'hui, et grâce à ton espace de réflexion, je m'en rends compte... du marxisme au stalinisme, du mythe sécuritaire au fascisme pur et dur il n'y a que peu de chose. Si j'en reviens, c'est parce que j'ai pu prendre du recul et en parler. Mettre quelque chose à la place ? l'individualisme nous laisse bien seul...j'en suis là, mais en définitive, est-ce bien nécessaire ? Pouvoir exprimer ses doutes, ses incertitudes, hésiter, avancer, reculer, bien sûr ce n'est pas agir mais il y a un temps pour tout. Comme tu le dis, pouvoir écrire c'est mettre "à plat tout ce que l'on ressent" et c'est chez toi que j'ose le faire...Merci, ma chère Morgane.à très bientôttrès amicalementjean-marie

jean-marie 17/11/2007 20:50

Bonsoir, chère Morgane...ton texte est remarquable et il correspond tellement à certaines de mes préoccupations actuelles. j'ai bien aimé ces mots :"des fois on se rend compte que notre petit système se rallie à quelques grandes théories"quand on met à son tour en doute la grande théorie, on est un peu déboussolé. On s'est parfois investi là-dedans sur des bases plutôt émotionnelles et il est dur de remonter vers l'origine de l'écheveau pour retrouver la faille. Mais c'est la condition je crois pour reconstruire son système, son équilibre, même instable et précaire...écrire ces mots m'aide déjàmerci de me permettre de les écrire icij'ai l'impression que je bafouille un peu mais tu es indulgentetrès amicalementjean-marie

Morgane 19/11/2007 12:11

Bonjour Jean-Marie. Je suis très heureuse et touchée que mes articles te donnent autant à penser.Je vois ce que tu veux dire " quand on met à son tour en doute la grande théorie, on est un peu déboussolé", mais en fait c'est une expérience que je n'ai jamais faite. Je crois que je ne me suis jamais engagée complètement pour une seule théorie, d'ailleurs, j'ai souvent trouvé les "grands auteurs" plutôt indigestes, j'avoue... Mais par contre, j'ai toujours trouvé chez chacun une cohérence interne qui souvent m'émerveillait... Mais toujours un autre auteur, avec d'autres idées, m'attirait à lui... Alors impossible de se construire un système philosophique personnel en "copiant" le système complexe d'un philosophe patenté. Et, en poussant un peu plus, je crois que pour penser comme un auteur, il faudrait être soi-même cet auteur, ce qui est chose impossible... Et, pourquoi est-ce qu'on s'investi parfois totalement dans une théorie particulière ? Certainement cela dépend de causes psychologiques, d'un besoin que l'on a à tel ou tel moment de sa vie... Peut-être est-ce ce que tu veux dire en parlant de faille ?En tout cas, je crois que la clef c'est la liberté. S'investir totalement dans une théorie, c'est mettre en jeu sa propre liberté de penser. Quand on s'en rend compte, c'est dur, mais au moins on retrouve cette liberté... Et c'est clair que l'écriture, dans ces-cas là, est un bon moyen de mettre à plat tout ce que l'on pense et l'on ressent! Mais c'est un vaste sujet, je crois que je vais en faire un nouvel artice, d'ici peu!AmicalementMorgane