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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

nous manifestons-nous ?

Hier après-midi je suis allée me mêler au cortège parisien. C'était la première fois que je participais à une manifestation de cette importance. Pourquoi pas avant ? Ah... j'entends à l'instant même que Sar... Ah non, je ne peux pas écrire son nom, à celui-là... Va faire passer un texte (en force, j'parie) au sujet du service minimum dans les écoles avant l'été, et que les grévistes devront se déclarer 48 heures à l'avance. Elle est pas belle notre dictature ? Et à propos des brassards, je croyais qu'un enseignant n'affichait pas ses convictions politiques en classe... Enfin, je dis ça, comme si la déontologie c'était important... !
Bon, je reviens à mes moutons. Pourquoi pas avant ? Pour plusieurs raisons je crois. La première c'est que je ne me suis jamais complètement retrouvée dans les revendications syndicales, il y a toujours quelque chose par quoi je ne me sens pas concernée, et du coup, je n'ai pas envie de militer pour. Ensuite, parce que, personnellement, je n'ai pas à me plaindre de mes conditions de travail : je suis en poste en IME, je suis très libre de mes mouvements, et surtout, je travaille en équipe pluridisciplinaire, le taux d'encadrement est plus que satisfaisant. Une vraie nantie de la profession. Et puis aussi certainement parce que j'ai beaucoup de questions d'existence à élucider, et aussi beaucoup à faire sur le plan de l'impact individuel. Et un certain immobilisme. Et une culture familiale particulière, je ne développerai pas ici ce point. Bref. Depuis quelques temps cependant ma vision des choses évolue. J'ai toujours trouvé le « système » pas terrible, et même assez révoltant. Mais je me disais aussi que toute lutte était inutile (la surdité et le mépris du gouvernement actuel ne me font pas changer d'avis sur ce point). Et surtout, à quoi ça sert de faire grève sinon à passer pour une fumiste jamais contente et à laisser une partie de mon salaire dans les caisses de l'Etat ? Et puis certainement d'autres mauvaises raisons très personnelles... Non, je suis un peu dure avec moi-même, là, c'était surtout une volonté de mettre du sens, de manière absolue, à chacun de mes actes, qui me laissait dans un certain immobilisme concernant l'action sociale.
Cette fois j'ai décidé de faire grève et d'aller manifester, parce que c'est vrai, cette école que met progressivement en place le gouvernement à coup de « réformes » est totalement contre-nature et réactionnaire, cela j'en suis persuadée. Dans un monde où le pognon est roi, je ne peux pas rester éternellement inactive. Manifester c'est se manifester, dans l'anonymat, mais le nombre, et surtout, les échanges, les discussions qui émergent à ces moments-là, au sein du cortège, et les réflexions que cela suscite chez chacun résonneront encore après la manif'. Il ne s'agit pas d'un simple « défilé », d'autres choses se passent, j'en ai maintenant conscience. Les politiques et les médias diffusent certaines idées simplistes sur les motivations des manifestants. Mais un manifestant est un citoyen qui a des choses à dire et à transmettre. J'ai eu le sentiment qu'on ne s'adressait pas aux politiques (c'est peine perdue), mais aux citoyens. Le système n'existe que parce que des citoyens en forment le matériau principal. Mais contrairement à ce qu'on voudrait bien nous faire croire, il s'agit d'un matériau composé d'individus conscients, pensants, et communicants... Chacun de nous a le pouvoir d'agir, individuellement, et de changer les choses. Les gens qui nous gouvernent en ont bien conscience et c'est pour cela que le mot d'ordre est « diviser pour mieux régner ». Il nous faut juste trouver un sens « commun » et nous y engager ensemble. Car beaucoup de gens pensent qu'un autre monde est possible, et veulent véritablement autre chose. Ce que je crois ? C'est que notre premier pouvoir dans ce monde économique est que nous sommes des consommateurs. Et à ce titre nous avons le pouvoir. Alors, moi, personnellement, je suis pour plus de sobriété et de réflexion sur ce qui nous est vraiment, à l'échelle d'une vie, et à chacun, indispensable. Si chacun, individuellement, personnellement, prend le temps d'y réfléchir et d'agir en ce sens, le marché devient bancal. Et c'est à partir de là qu'un autre monde est possible. Manifestons-nous, pas seulement dans les manifs, mais aussi dans nos choix quotidiens. Qu'au moins ceux qui veulent que les choses changent, ceux qui veulent un monde plus juste s'y risquent. Et je crois que nous sommes nombreux
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dominique boudou 21/05/2008 10:00

Le pouvoir des consommateurs ? Je suis plutôt réservé. Nous ne cultivons pas en France la pratique du boycot. Et puis, hélas, qui ne s'est jamais rué sur le net pour acheter ceci ou cela à prix cassé ? Qui prend la résolution de ne jamais aller chez Lidl où les conditions de travail sont catastrophiques ? La stratégie du marché est bien affinée. Tant que nous y trouverons un intérêt, même petit, rien ne changera.Autre chose, je déteste moi aussi Sarko, mais notre pays n'est pas en dictature...

Morgane 23/05/2008 15:46



Bonjour Dominique ! Il s'agirait alors simplement d'un pouvoir potentiel, et pour le mettre en pratique, il faudrait que chacun voit un peu plus loin que son intérêt
personnel. Je ne pensais pas au boycott, qui équivaut pour moi à une sorte de privation contestataire et momentanée, cela n'a rien de vraiment réfléchi. Réfléchir plutôt à ce que chacun de nos
actes de consommation a comme impact au-delà de notre satisfaction personnelle. Même si l'on ne peut pas appliquer ces principes sur tout ce que l'on achète, pour des raisons financières par
exemple... Quant au terme dictature, certes il s'agit certainement de ma part d'un abus de langage. Mais sur le moment je pensais davantage au sens romain : dictatura, menée par le dictator,
étymologiquement, "celui qui parle" (ses propos peu laïques lors de son discours à Rhyad, ses velléités d'"ajouts" dans les programmes scolaires, l'augmentation de son salaire, le "service
minimum" dans les écoles, ses affinités avec les "gros" industriels -faut voir ce qui se trame en ce moment comme cadeau pour son ami Bouygues-, etc...) Il y a quand même dans ses agissements des
incohérences avec ma petite idée d'une démocratie... Enfin, la nature humaine étant ce qu'elle est...