Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

du pain et des jeux

Sur le plan strictement économique, quelle catégorie de citoyens français rapporte le plus d'argent et engraisse indéfiniment les plus riches ? Les amis des industriels qui font partie du gouvernement n'ont-ils pas intérêt à maintenir existante, en l'état, cette catégorie de la population ? Le discours politique actuel ne cesse de culpabiliser les plus démunis, (ou les moins aisés) financièrement, par un discours très simpliste mais révélateur de la propagation calculée d'une certaine idée de la responsabilité individuelle, pour mieux, au final, asseoir le pouvoir des dirigeants qui profitent tranquillement de tous les avantages en nature qui sont associés à leurs fonctions.
Travailler plus pour gagner plus, accepter une offre d'emploi « acceptable » sous peine de se voir couper les vivres, franchises médicales (ben ouais, y a qu'à pas être malade, non mais, sans blague, un peu de tenue !), pour citer quelques exemples. En gros, si t'es pauvre, c'est de ta faute. On t'avait prévenu. Et puis il y a plein d'aides pour les pauvres (RMI, allocations en tous genre, aides au logement, non-imposition sur le revenu, etc.) Alors, l'Etat, il fait ce qu'il peut, mais faut y mettre un peu du tient, bon sang... Donc l'Etat aide un peu ceux qui ont peu d'argent à se maintenir vivants dans leur situation matérielle et précaire. Parce que, ce que le discours officiel ne dit pas, c'est qu'une certaine partie (une minorité puissante) de la population a besoin des pas riches et des pauvres. Déjà parce que dans certains domaines, ce sont eux qui rapportent le plus. Une véritable manne financière. Qui achète à crédit sur du long terme ? Les intérêts des crédits sont de l'argent perdu pour les acheteurs, mais gagné pour les banques et autres organismes. Dans le même ordre d'idée, qui est souvent à découvert ? Qui paye des agios ? A l'inverse, un « riche » qui place de l'argent, s'il prête cet argent, en retire des intérêts pour lui, là c'est la banque qui casque. Un autre exemple, ce sont les tarifs de la SNCF (il y a un article fort intéressant à ce sujet d'ailleurs dans le Canard de cette semaine). Les tarifs soi-disant avantageux. Sauf qu'il faut prévoir son voyage deux mois à l'avance, et payer une assurance remboursement des fois que tu changes d'avis d'ici-là. Et pour un voyage imprévu (bah quoi, quand on n'a pas de thunes, faut assumer, faut prévoir) tu payes vraiment cher. Donc, seuls les gens disposant de moyens confortables ou les hommes d'affaires peuvent se permettre des décisions de dernière minute et bouger où bon leur semble. Quand t'as pas de thune, tu ne te permets pas d'imprévu... C'est vrai, ça, si la majorité des gens se permettait des imprévus (sans compter que les tarifs avantageux ne sont pas les week-end ni les vacances scolaires, le moment où la plupart des gens souhaitent bouger un peu, toute la poésie des tarifs heures de pointe)... ! Il y a peu de temps j'ai dû prendre le train, un Paris-Poitiers, l'aller-retour m'a coûté 90 € (heureusement que j'aime les pâtes...), j'avais pris mon billet une semaine avant... C'est vrai, quoi, j'avais qu'à prévoir aussi, d'ailleurs je compte aller chez une voyante pour qu'elle me dise au moins deux mois à l'avance quand je dois prévoir mes déplacements imprévus... Bon, et pour en revenir à mon voyage en train, il n'y avait quasiment personne à l'aller dans la voiture où j'étais... Cherchez la logique.
Pourquoi est-ce que le projet de loi sur la modernisation de l'économie (en particulier le titre II intitulé « MOBILISER LA CONCURRENCE COMME NOUVEAU LEVIER DE CROISSANCE » -Aaaaarrrgh !!!) a pour philosophie (nan, là je provoque) une supposée baisse des prix pour le consommateur, à qui on veut faire croire que cela va augmenter son pouvoir d'achat  (Brrr, cette expression me glace définitivement le sang)? J'y vois là une belle manœuvre amorcée depuis la campagne présidentielle. Baisser les prix est une intention affichée. Mais, comme je l'ai lu dans Marianne samedi : « Le pouvoir d'achat dépend bien davantage des salaires, des loyers ou du coût des transports que des prix des produits alimentaires (entre 14 et 20% du budget des ménages, selon leurs revenus). » Donc, en suivant cette logique, baisse des prix n'équivaut pas à augmentation du pouvoir d'achat. Le discours politique ne se tient pas, même dans l'intention. De plus, le pari de libérer la concurrence pour des prix plus bas est un peu simpliste, vu que quelques centrales d'achat ont déjà le monopole en France. Cela va permettre d'étayer un peu mieux ce monopole. Ceci dit, ce discours sur la baisse des prix est, j'en conviens, séducteur pour ceux qui ont le moins de pouvoir d'achat... La majorité, quoi ! Une propagande est d'ailleurs diffusée depuis longtemps : les prix augmentent, les Français n'ont pas suffisamment de pouvoir d'achat, d'ailleurs Sarkozy en a fait un de ses thèmes de campagne électorale. Cette insistance sur ce manque est d'ailleurs largement relayée par les médias (parce que ne nous en étions-nous pas rendus compte tous seuls, nous qui faisons nos courses nous-mêmes ?). Donc, pour faire passer en douceur auprès des Français ce gros cadeaux aux hypermarchés, on nous agite une fois de plus la promesse du pouvoir d'achat...
Autre chose. Il a été décidé que les enfants n'iraient plus à l'école que quatre jours par semaine. Le débat sur le mercredi matin ou le samedi matin a eu comme solution : aucun des deux ! J'ai posé quelques questions autour de moi, et bien l'école le samedi matin, cela satisfaisait beaucoup de monde, sur le plan éducatif et pédagogique, enseignants, élèves ou parents. Donc, plus d'école le samedi matin (juste, au passage, alors pourquoi un service minimum les jours de grève ?  Y a de ces incohérences, j'vous jure... !), parce que le samedi matin on peut soit partir en week-end, maintenant, en famille (autoroutes, voitures, essence, train... c'est pour qui les sous des braves gens ?) soit aller faire ses courses à Carrefour, Leclerc, Auchan et consorts, avec tous les bambins qui vont réclamer plein de trucs et pousser à la consommation leurs parents excédés... Y sont pas mieux là qu'à l'école, tout de même ?
Et pis ouvrir les écoles un jour de moins, c'est pas rien, ça coûtera moins cher à l'Etat. Na.
Et à qui ça profite tout ça ? Car qui consomme pour enrichir qui, au final ? Et qui est allié à qui, en réalité ? Qui est « ami » avec qui ? Qui veut du bien à qui ?
Un quidam-sans-beaucoup-de-sous tout seul ne rapporte pas beaucoup d'argent, mais beaucoup de quidams comme lui, et autant qu'ils soient le plus nombreux possible, ça rapporte gros. Et en plus, affairés qu'ils sont à survivre, ils n'ont ni le temps ni les moyens d'analyser leur situation et celle de leurs semblables, ils sont donc muselés politiquement. L'économie de marché a besoin de maintenir une majorité d'êtres humains à ce stade, et surtout, ne pas leur donner envie d'acheter des objets qui pourraient les pousser à un peu de réflexion (genre des livres chez des libraires sérieux). Et tant que les PDG des grosses boîtes cotées en bourses seront amis avec les politiques, y aura pas de souci à se faire pour eux, la mécanique est bien huilée (tiens, d'ailleurs, juste une petite question au passage, ils font quoi en ce moment rue de Solférino ?).
Pouvoir et liberté pour les rois du pétrole, merde en boite pour les autres. Mais... Je ne désespère pas, on a tous des neurones ! A ce propos, d'ailleurs, quelques questions me taraudent : l’homo sapiens utilisera-t-il un jour ce qu’il appelle son intelligence à bon escient ? Ou bien l’aventure humaine est-elle vouée à l’échec ? Quand allons-nous enfin vomir, ipso facto, sur le dogme de la croissance économique ???

 

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article