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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

l'insaisissable comme certitude ?

Il y a une chose dont il faut que je sois absolument certaine, c'est le caractère mobile, changeant, fluctuant, insaisissable de ma vie. J'ai souvent l'impression d'errer, et à l'âge où la plupart des gens que je côtoie on "construit", souvent ont fondé une famille, je n'ai agit qu'en solitaire finalement, je n'ai construit que moi-même, pas toujours seule, mais fondamentalement seule. J'ai déménagé onze fois ces douze dernières années et mes amours ont été chaotiques. Je n'ai trouvé de stabilité que dans mon métier, et de manière récurrente l'idée-même de cette stabilité me pose question. L'ici et maintenant est la seule réalité tangible dont je puisse être certaine et sur laquelle je veuille compter.
Je n'ai aucun projet d'avenir en ce qui me concerne, seulement des rêves. Si rien n'est figé, rien n'est acquis. Mais en contrepartie, rien n'est jamais perdu.
Je n'ai pas peur de la mort en tant que telle. J'ai juste peur que la vie se fige et lui ressemble, à la mort. C'est cela, oui, qui me fait peur. Que soudain le champ des possibles se restreigne et que ma vie devienne tout à coup prévisible.
Pourtant je suis fidèle à l'amour, et je parle d'amour en général. L'amour englobe toutes les relations bienveillantes qui existent entre les êtres, l'amitié, la fraternité, la tendresse, le respect, l'admiration, par exemple. Ces relations, ces liens sont comme des cordons ombilicaux qui nous attachent aux autres entités du monde, êtres vivants ou non, afin que nous ne puissions pas nous perdre dans les aléas et les replis de la vie. Solitaires mais reliés, libres mais pas seuls, mobiles mais pas perdus.

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Anne 25/07/2008 23:08

"Refuser que les choses se figent, parfois c'est peut-être passer à côté de la profondeur..." Sans doute, mais il faut parfois multiplier les expériences pour trouver sa place, savoir exactement où on veut aller et découvrir quels sont nos besoins fondamentaux... Je crois que la profondeur se gagne avec le temps... Et plus on avance, en conscience, avec les yeux ouverts, plus on peut vivre les choses dans la durée et la profondeur.En ce qui concerne "les événements que nous attirons et qui nous sont nécessaires", il me semble qu'ils sont propres à chacun, ce sont -d'après moi- des événements, des expériences qui viennent répondre à nos besoins fondamentaux conscients ou inconscients (affection, reconnaissance, amour...)... Ces besoins évoluent au fil de notre vie, si bien qu'en effet nous sommes régulièrement plongés dans une forme d'errance... Mais on pourrait aussi parler d'aventure, de cheminement qui sont des termes plus positifs... Mais je comprends bien ton sentiment, en ce qui me concerne, je me sens dans l'errance en ce moment au niveau affectif... Alors qu'au niveau professionnel, j'ai envie de parler d'aventure. Tout dépend de notre histoire, l'instabilité et les périodes de latence sont vécues différemment si elles ont été appréhendées autrefois dans la sécurité et la confiance ou la peur et l'inquiétude. En ce qui me concerne, je profite (tant bien que mal) de cette période de latence pour définir mes besoins clairement, je crois que la question qu'il faut se poser est : de quoi ai-je besoin réellement pour aujourd'hui et demain ? En se posant cette question, on s'aperçoit parfois que ce n'est pas si facile d'y répondre, (c'est mon cas...) parce qu'on ne s'est jamais vraiment interrogé à ce sujet et que cela impose de faire des choix. Que veux-tu donc ?

Morgane 30/07/2008 15:48



Merci, merci Anne... Je te réponds dans un billet tout neuf !



Anne 20/07/2008 14:00

C'est aussi une de mes inquiétudes, cette peur que la vie se fige... Mais il me semble que si la peur est là, c'est le signe que nous ne nous laisserons pas gagner par le prévisible parce que nous aspirons intimement et profondément à autre chose. J'ai souvent pu vérifier que la vie m'apportait le renouveau, le souffle dont j'avais besoin au bon moment. Je crois que nous attirons à nous ce qui nous est nécessaire (même si parfois elle nous apporte des événements douloureux dont on se passerait volontiers dans l'instant !). Ce qui est difficile c'est d'accepter de ne pas maîtriser les échéances et de devoir s'en remettre à l'instant... Le travail du lâcher-prise est difficile, quand la peur et le doute s'installent d'où -me semble-t-il- ce sentiment d'errance et parfois de vacuité. Essayons (tant bien que mal) d'être confiants et travaillons à lâcher-prise !

Morgane 25/07/2008 00:19



Merci Anne pour votre passage et votre commentaire. Trouver le juste équilibre entre un lâcher-prise salutaire et le besoin d'aller au fond des choses... Refuser que
les choses se figent, parfois, c'est c'est peut-être passer à côté de la profondeur et de la durée... Et comme vous le dites si bien, il est possible que nous attirions à nous ce qui nous est
nécessaire... Mais nécessaire en quoi ? Et lorsque cela s'arrête, ne sommes-nous pas à nouveau projetés dans l'errance ?



dominique boudou 12/07/2008 16:13

C'est tiré du Livre de l'intranquillité mais je ne sais plus sous quel hétéronyme ! Il en a eu tant !

Morgane 12/07/2008 22:57



Je viens de vérifier, c'est Bernardo Soares... Merci Dominique !



dominique boudou 05/07/2008 17:28

Pessoa écrivait que la vie commence quand on meurt.

Morgane 06/07/2008 22:20



Pessoa parlait-il de la mort physique ou de la mort d'une certaine forme d'identité ? Un rapport avec la notion de fidélité à soi-même ? Pessoa s'exprimait à travers
des personnages différents je crois... Et son oeuvre n'a été reconnue qu'après sa mort il me semble... De quelle oeuvre cette citation est-elle tirée ? En tout cas elle est à méditer en
profondeur... Merci Dominique.



gicerilla 30/06/2008 20:29

Dirais-je que votre texte fait miroir à certains de mes mots ? Oui, c'est évident et cela me renforce tant dans ma quiétude que dans mon inquiétude. Ma non conformité aux standards de la société me pèse et me libère. Paradoxe inconciliable ? Non, et c'est troublant...

Morgane 30/06/2008 22:33



Bonsoir Gicerilla, et bienvenue par ici ! Peut-être le paradoxe est-il dans l'insaisissable et ce que nous en faisons. Nous vivons dans une société qui affiche
pour objectif le "risque zéro", qui équivaut, pour certains d'entre nous, à l'absence de vie, et donc, à la mort. Peut-être avons-nous conscience du côté morbide que nous offrent ces standards de
la société dont vous parlez. Alors deux choses se jouent : en tant qu'individus intègres et solitaires, un refus intime de tout ce qui est prévisible et figé, et, ainsi en accord avec soi-même,
ceci libère et apaise. Et d'un autre côté, en tant qu'individu dans cette société, donc "animal sociable", nous avons un instinc d'identification au groupe, afin de lui appartenir. Et là, le
groupe, d'une certaine manière, en nous demandant d'intégrer ses codes pour y être accepté, nous force à devenir prévisibles... Peut-être que ce paradoxe dont vous parlez vient de ce conflit
entre le fait que l'on se "vive" en tant qu'être dans une imprévisibilité assumée au sein d'un groupe qui cherche l'apaisement dans le prévisible. Tout dépend du sens que l'on accorde aux
notions de "vie" et de "mort"... J'avais écrit un article il y a quelques mois sur ce thème, intitulé "mort et liberté".