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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

ce qui m'appartient

Il y a dix ans j'ai décidé d'être indépendante. A l'époque je considérais que la seule façon de l'être était de subvenir seule à mes besoins, en travaillant. C'est ce que j'ai fait, et j'ai eu la chance de trouver une activité épanouissante : du relationnel, de la réflexion, de la remise en question, des gens "hors-normes", pas d'exigence de productivité, une grande liberté dans la mise en place de mes projets, pas une journée n'a ressemblé à une autre... Ce travail a toujours été pour moi bien plus qu'un "gagne-pain", un faire-valoir social ou une source d'épargne. D'ailleurs, je n'ai jamais su épargner, capitaliser, investir, au sens financier du terme. Je n'ai toujours investi que sur moi-même, dans le moment présent. Ce qui pouvait apparaître de ma part comme des tentatives de construction ou de capitalisation n'étaient en réalité que des moyens de me simplifier là vie étant donné les circonstances du moment. J'ai acquis des biens matériels (j'ai même été jusqu'à acheter une maison)  dont je me suis par la suite désaisie. C'est mon mode de fonctionnement. Il en vaut un autre. Tout dépend du degré d'importance que l'on met sur la nature des évènements de notre vie. En même temps, je n'ai jamais eu que la responsabilité de ma propre existence...
Aujourd'hui je fais certains choix de vie qui peuvent apparaître comme radicaux. Et d'une certaine manière, ils le sont, dans la mesure où j'ai poussé plus avant mes réflexions "naturelles" et où, forcément, étant ce que je suis, je ne puis qu'agir en conséquence... Je me débarrasse des contingences matérielles superflues. Il ne s'agit ni d'un renoncement, ni d'une régression. Ce qui est le plus solide et le mieux étayé est en moi-même, et c'est pour cela que je ne pourrai jamais le perdre. Il s'agit de ce monde intérieur autant que de l'amour que je porte aux autres et celui que je reçois. Les amitiés les plus sincères ne se détruisent pas, pas plus que les liens de famille... Me débarrasser du superflu matériel n'est cependant pas un but en soi, c'est l'un des points essentiels parmi tout ce à quoi j'aspire. Je veux faire l'expérience d'une vie plus vivante, sortir de ma petite "case" sociale pendant qu'il en est encore temps et rencontrer le monde différemment.
Ma plus grande joie est celle de vivre, j'ai les pieds sur terre et je vais où mon coeur me porte...

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varna 21/12/2008 09:39

C'est trop souvent la seule réciprocité que l'on désigne par le mot d'amitié, c'est pourquoi on cesse généralement d'être l'ami de quelqu'un quand celui-ci n'est plus le nôtre ... Dans ces conditions, peut-être l'ami véritable est-il celui qui ne conditionne pas son sentiment à l'égard de l'autre par une sorte de marché ou d'échange ? [Pour la provoc, cette proposition : "Les faux-amis croient toujours être aimés chacun de l'autre" ;-))]

Morgane 25/12/2008 18:05



Lorsque j'étais étudiante, j'ai assisté pendant un trimestre à un module sur Aristote et l'amitié. Notre professeur s'appelait je crois Bertrand Revol. C'était
extrèmement intéressant. Un semestre entier pour tenter de définir l'amitié chez un seul philosophe !!! L'amitié pas plus que l'amour je crois n'est définissable... Il y a autant d'amitiés que
d'amis..., ou de "cercles d'amis"... Partant de là, quels pourraient être les critères absolus de reconnaissance d'une relation d'amitié...? Aristote décrivait toutes les relations pacifiques et
bienveillantes entre humains et se posait la question : est-ce de l'amitié ? Partant de quelque chose de très large, il en arrive à une définition finalement extrèmement restreinte (la seule
véritable amitié possible est la relation entre jumeaux nés en même temps, élevés de la même manière, seuls ces deux être là sont capables d'une compréhension mutuelle satisfaisante parce que
pour une grande part intuitive)... Ce qui est pratique, après tout, si on part du principe que la réponse se situe forcément entre les deux... Pour ma part, je crois qu'il y a des amitiés faites
pour durer, il y a des affinités particulières que ni le temps ni l'éloignement ne peuvent user. Il y a aussi des amitiés momentanées ou de passage, qui s'éteignent parce que les gens changent,
ou partent... Il y a aussi des amitiés brisées parce qu'on a le sentiment d'avoir été trahi, intentionnellement ou non, et parce que certains on beau être nos amis, et en tant que tels ils sont
formidables, ils n'en restent pas moins des humains... Et ce qu'on a à un moment donné considéré comme de l'amitié ne peut être "corrigé" dans nos souvenirs, même si un évènement particulier met
fin à ce sentiment (oui, au fond, l'amitié est avant tout un sentiment, d'où la difficulté de la définir... Tout au plus pouvons-nous décrire une "relation d'amitié", en acte, et donc forcément
diverse et variée...)



Artno 16/12/2008 22:37

"je me débarasse des contingences matérielles superflues" comme quoi pas exemple ? Jusqu'où pousses-tu l'évacuation du superflue ? Cela rejoind-il les idées politiques de Décroissance ?

Morgane 23/12/2008 21:45



J'espérais une telle question, je crois... Merci Artno ! J'y réponds dans mon dernier billet. Je n'ai juste pas évoqué la Décroissance car même si je me sens proche
de cette tendance, principalement dans mon désir de réduire la consommation et de changer de modèle économique (arrêter de pleurer parce que l'industrie automobile se porte mal mais plutôt voir
comment la société peut évoluer sans l'industrie automobile par exemple...), il y a certains points sur lesquels je suis plus radicale et d'autres sur lesquels je suis carrément en
contradiction... Et puis je crois que la décroissance est justement l'opportunité pour chacun d'imaginer un autre monde sans se baser sur un dogme préétabli...



dominique boudou 10/12/2008 14:23

"Les amitiés sincères ne se détruisent pas, pas plus que les liens de famille".Ah ! Naïve jeunesse ! Que j'aimerais la retrouver ! Hélas, hélas, les amitiés les plus sincères se transforment parfois en trahisons radicales. Quant à la famille, rien n'est plus corrompu jusqu'à l'os !Ah ! Insupportable vieillesse !

Morgane 10/12/2008 21:10



Si elles se transforment en "trahisons radicales", peut-être n'étaient-elles pas si sincères... Il y en a bien qui perdurent... Non ? Et je sais bien que c'est
compliqué dans certaines familles... J'aurais dû préciser "les liens affectifs de famille", c'est à dire ceux qui sont basés sur une réelle affection... Naïve ? Et bien, je prends ça pour un
compliment ! Et j'aimerais pouvoir dire un jour : "Ah ! Naïve vieillesse !"