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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

superflu

J'ai toujours eu un faible pour les philosophes, connus ou anonymes, lus ou rencontrés. Je parle de ceux qui ont une vie philosophique. Qui pensent en vivant, qui vivent en pensant, qui parlent et agissent, qui n'ont peur de rien et surtout pas du jugement des autres. Qui ne se morfondent pas mais qui font des tentatives pour changer ce qui ne leur convient pas. Qui ne considèrent pas la condition humaine et donc la leur, propre, comme une fatalité. Qui tentent de donner forme à la matière brute qu'est leur être au départ. Et qui, tout en étant exigeant avec eux-mêmes, ne sont pas des tyrans pour les autres... Conditions nécessaires pour vivre libre et en paix.
Disant cela est-ce que je me considère moi-même comme philosophe ? Franchement... Disons que j'y aspire... Que vivre et philosopher vont de paire à mon sens et que mes pensées philosophiques (ou se voulant comme telles) cherchent à conduire ma vie tout en se nourissant d'elle. Les interactions sont permanentes et les effets peuvent être bien visibles... Surtout en ce moment. Je voulais juste ajouter avant de continuer que pour moi philosophie n'est pas un gros mot prétentieux, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu Artistote ou Kant dans le texte pour tenter d'avoir des pensées philosophiques, que la philosophie appartient à chaque être humain (y a qu'à voir les questions que posent les enfants), qu'avant d'être des cons nous sommes d'abord des philosophes... Enfin moi c'que j'en dis... Donc, j'essaie juste de cultiver ce qu'il y a en moi de philosophique afin de ne pas trop sombrer dans la connerie...
Mes choix de vie ne concernent que moi. Les choix de vie de chacun ne concerne que soi. Ce que je veux dire, c'est que je ne peux juger l'autre comme lui ne peut me juger... Personne ne détient la vérité, mais nous avons tous des sensibilités... Et puis, si nous ne nous jugeons pas il est important de communiquer et de partager la diversité de ces choix personnels. Souvent cela peut nous aider pour nos propres choix. Cela nous rend de toute façon plus ouverts.
Ce que je considère comme superflu ne regarde que moi, dirais-je, dans le sens où certains choix m'appartiennent en propre, puisqu'ils sont nés de mon histoire personnelle et de mon "for intérieur". Je n'applique pas une conception de la réalité définie à l'avance, ma réalité se détermine au fur et à mesure de mes actes et de mes expériences... C'est seulement à partir de là que je peux en parler.
Mes choix ne regardent que moi mais ne sont pas pour autant des secrets. Je quitte mon job, mon appartement, je me débarrasse d'un certain mobilier encombrant (lit, canapé, réfrigérateur, armoire, bibliothèque, lave-linge par exemple) toutes ces choses établies comme normales et nécessaires à une vie digne et qui, après mûres réflexions prenant en compte tout un tas de paramètres personnels, m'apparaissent aujourd'hui comme inutiles, en tout cas pas indispensables. La sédentarité ne m'a jamais convenu, j'ai décidé d'en finir avec elle. Je veux que demain soit une surprise, je ne veux pas savoir à quelle heure je vais me lever ou me coucher, ni quelles personnes je vais croiser. Je veux sortir du cercle vicieux travail - salaire - appartement - ennui - conso. Je veux éliminer au maximum l'argent de mes actes quotidiens.
Je veux de la créativité et du mouvement.

Suffit pas de vouloir.
J'agis.

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B. 29/12/2008 23:58

PS : Oui pour Sartre c’est l’existence qui précède, voilà un beau lapsus (rire)

B. 29/12/2008 23:56

Le fait de citer ne se mesure pas en terme de se faire paraître, il me semblait juste être des prédicats dénominateurs aidant à la compréhension. Ceci dit, répondre à l’ensemble de tes questions me semble un peu trop difficile. Ce que je peux dire c’est que toute la philosophie de Schopenhauer repose sur la distinction du monde considéré comme phénomène et du monde considéré comme théorie de la volonté. Tout ce qui existe n'est objet que par rapport à un sujet. Le monde est ma représentation, et rien de plus. La représentation de la matière provient de la loi de causalité, et, pour Schopenhauer, causalité et matière sont une seule et même chose. Schopenhauer préfère le terme de volonté, parce qu'il est le seul qui n'a pas sa source dans le phénomène, mais qui vient du dedans, qui sort de la conscience de chacun. La science en terme de progrès est néanmoins le fondement d’un hypothèse de mieux saisir notre compréhension du monde. La nano science par exemple nous dévoile de l’infiniment petit le perceptible pourtant microscopique. Ce qui ne veut pas dire que c’est la réalité. Faudrait être devin et je ne suis qu’homme. Il y a tout à la fois du cogito à Descartes dans l’entendement des choses et notre perceptivité qui fausse toutes les données. Rien n’est donc aussi blanc et aussi noir qu’il y parait mais sans doute de multiples gris.
Je ne crois pas qu’il y est terme ou renoncement, je pense davantage à un prolongement indéfini de l’infini. Mais comme toi, je cherche.
Que serait une saine distance dans une notion de temps/espace que l’on ne sait pas véritablement mesurer ?
La notion de tragique ne fait-elle point apparaître celle du sentiment que l’on attribue à la réflexion elle-même ?

Morgane 05/01/2009 00:37



Les mots "saine distance" me font penser à cette juste distance que l'on doit essayer de poser entre nous et les autres, entre nous et les évènements de la vie, afin
que nos relations dans leur diversité ne viennent pas absorber ce que nous sommes, tout en nous liant (ou déliant) à l'altérité... Mais ces "saines distances", qui ont à voir avec l'espace et le
temps sont elles mesurables ? Je ne le crois pas... Ceci dit il ne s'agit plus là de la vision "scientifique" du monde... La tragédie immanente à la réflexion...? C'est fort possible, de par ce
côté complexe et foisonnant que revêt la réflexion, toujours à nous suivre et à nous précéder, parfois bien malgré nous, dans une quête que l'on sait infinie... Et pour autant, le fait de savoir
cela me rappelle que mes réflexions ont vocation à ne jamais se figer pour de bon, c'est précisément ce qui me fait vivre... (oui, enfin, ça... et d'autres choses !)



varna 28/12/2008 09:06

Hum ... 

Morgane 29/12/2008 14:25



Euh... Hume, vous voulez dire...? :)



B. 27/12/2008 17:45

A mon sens c’est un peu à l’envers et je préfère lire l’agir induit le philosophé. Une philo exempte de l’expérimentation ne serait qu’une religion sans dieu.
Bien qu’un va-et-vient à double sens est sans doute encore plus proche d’une certaine forme de réalité.
Pour Sartre l’essence précède à toutes choses. Pour Descartes la nature humaine est de l’indéfini et la céleste l’infini.
Est-ce bien l’ordre qui est important ?
Il me plait de me rapprocher de cette définition de Schopenhauer : « Le monde est ma représentation ».  

Morgane 29/12/2008 14:24



Oui, je crois qu'il s'agit plutôt d'interactions que d'un ordre... Et même s'il devait y avoir un ordre, il ne serait pas nécessairement chronologique...
Ceci dit pour Sartre, il me semble que c'est l'existence qui précède... Bien que comme toute philosophie, que ce soit Descartes ou Schopenhauer, elle est difficilement résumable en quelques
mots... C'est pour ça que je parle rarement des philosophes dans mes textes (ça et aussi mon manque de connaissances précises avéré!) Mais si l'on s'en tient à ces mots "Le monde est ma
représentation", outre leur illustre auteur, il serait intéressant de développer davantage... Chacun a une représentation du monde... Doit-on pour autant renoncer à connaître le monde de manière,
disons... objective ? Le monde peut-il exister sans notre regard sur lui ? Si je meurs, tout disparait avec moi ? La science parvient-elle a faire du monde un objet d'étude ? Dans ce
cas, la "suprématie" de la science sur les autres formes de rapport au monde nous permet-elle une saine distance par rapport à celui-ci, ou bien, à terme, un éloignement tragique




varna 27/12/2008 16:08

Il existe plusieurs "philosophies" (dont des non- et des anti-, c'est dire !)), et aussi plusieurs philosophies ... dans votre propre texte. La plus manifeste, il me semble, est celle que défend Pierre Hadot : manière de vivre. En tout cas, commencer par se débarrasser (comme vous le faîtes) me semble toujours plus probant, comme ambition, voire vocation, que commencer par beaucoup étudier. Peut-être même qu'on étudie mieux la vie, soi, les autres, tout ça, une fois qu'on a compris la noblesse d'âme à laquelle on aspire ?

Morgane 29/12/2008 14:06



Ce n'est pas la première fois qu'on me conseille un philosophe "spirituel", si je puis dire... Va falloir que je m'y intéresse de plus près... J'ai tendance à fuir
les livres en ce moment, besoin d'écrire ma propre histoire, et de penser par moi même... Quand j'étais gamine un jour je suis tombée sur cette citation d'Emile Faguet : "l'art de lire, c'est
l'art de penser avec un peu d'aide"... Psychologiquement ça doit expliquer des trucs... Pour votre dernière question... J'espère avoir des éléments de réponse dans quelques temps...!