Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

Les mensonges

Comment vivre avec les mensonges ? Ceux que l'on fait ou ceux que l'on nous fait ? Y a-t-il vraiment de "pieux mensonges"? Vouloir ou dire la vérité à tout prix, est-ce une position courageuse ? Ou simplement masochiste ? Ces temps-ci je subis les mensonges, et l'on me dit que c'est pour me "protéger". Me protéger de quoi ? Et de quel droit l'autre décide-t-il de me protéger de quelque chose, moi qui préfére recevoir la vérité en face, sentir la vraie souffrance et non la pommade ? En fait avant de nous mentir on devrait nous demander si on préfère qu'on nous mente ou bien savoir la vérité. Mais c'est impossible car on saurait dés lors que le mensonge guette... et... nous trompe. Et qui préfère être trompé ? En fait la question concerne davantage le menteur que celui à qui on ment. Celui a qui on ment ne fait que subir et se débat comme il peut avec ses doutes et sa quête de vérité. Mais celui qui ment... lui devrait se demander pourquoi il ment, et aussi quel mal et quel bien il fait par ses mensonges. Le mensonge transforme la vérité pour la faire paraître plus acceptable. Mais selon quels critères ? Ce qui est acceptable pour l'un l'est-il également pour l'autre ? Le mensonge est une communication, donc implique un émetteur et un récepteur (on peut aussi se mentir à soi-même, mais là c'est carrément du sado-masochisme, à mon sens, ou tout simplement de la mauvaise foi !), donc un acte envers autrui, qu'il faut prendre en compte dans toute sa complexité. Lui mentir c'est le bercer d'illusions, c'est remettre à plus tard sa vraie souffrance. Ou alors c'est vouloir le ménager pour ménager la relation qu'on a avec lui, parce qu'on y tient à cette relation... Ou alors on peut se permettre de mentir pour apaiser quelqu'un à condition de savoir mentir (et non ce n'est pas à la portée de tout le monde!) et que le contenu mensonger soit absolument invérifiable par celui à qui on veut faire croire des choses...

Mais... J'en démords pas : mentir c'est être avant tout lâche et égoïste. Bien sûr il existe des situations vitales où le mensonge s'impose... Mais là je pense plutôt à des situations quotidiennes, banales, de la vie, des relations entre les êtres huimains : relations de couple, d'amitié, situations ordinaires ou du moins pas trop extraordinaires... En ce qui me concerne, j'essaie d'être honnête, c'est à dire de ne pas mentir... Enfin plus précisément, je fais en sorte, dans mes actes de tous les jours, de ne pas avoir à mentir : si je dois faire quelque chose que je devrais forcément cacher, ou transformer, je ne le fais pas... Est-ce finalement une forme de calcul ? ou de lâcheté ? Ou pire : de la rigidité ? Pour Nietzsche, des mensonges permettent de transformer nos faiblesses en "bons sentiments"... "Et l'impuissance qui n'use pas de représailles devient, par un mensonge, la "bonté"; la craintive bassesse, "humilité"; la soumission à ceux qu'on hait, "obéissance" [...]" (la généalogie de la morale). Le mensonge nous cache, le mensonge apaise notre conscience, le mensonge nous endort... Et finalement fait de nous des faibles, que l'on soit menteur ou bien celui à qui l'on ment... Le pire c'est qu'on est entouré de mensonges et de menteurs (publicité, politique, pour ne citer qu'eux)... Mais mon propos concerne ici plutôt les échanges avec les gens qui nous sont proches et avec qui nous avons un minimum de relations affectives. Je ne suis pas une croisée de la vérité à tout prix, d'une forme de morale exemplaire : je peux mentir à mon banquier, mentir à l'agent immobilier qui me propose un studio de 20 m² hors de prix, je peux même mentir à mes collègues en leur disant que tout va bien dans ma vie... Mais au gens que j'aime, est-ce que je peux mentir ? Et les gens qui m'aiment, peuvent-ils me mentir ?

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article