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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

Hédonisme et calcul des plaisirs

Qu'est-ce qu'être calculateur ? Est-ce bien ou mal ? On m'a souvent reproché mon manque de spontanéité, si bien que j'ai fini par me le reprocher à moi-même. J'anticipe, je calcule, je prépare mes actions, mes paroles, mes journées, mes semaines... Quand j'ai certaines tâches à faire je m'organise, si possible j'en fais plusieurs en même temps. Suis-je stressée, hyperactive, intendante...? En gros ma question a toujours été : est-ce qu'il ne serait pas mieux de se laisser aller et de prendre un peu la vie comme elle vient ? D'arrêter de me prendre la tête sur les choses du quotidien, me prendre la tête pour des futilités ??? Par exemple partir d'une soirée hyper sympa parce que le lendemain je dois me lever tôt, ou bien faire tourner une machine de linge pendant que je bois un thé et fais la vaisselle en même temps, histoire d'avoir plus de temps après pour moi, de la vaisselle propre et du linge propre, ou bien me lever hyper tôt un dimanche pour profiter d'une journée de congé, ne pas trop manger pour éviter les kilos et la déprime, se faire violence pour aller courir dans le froid en hiver pour se sentir mieux dans son corps et être en meilleure santé (au fait, ça marche, ça fait deux hivers que je n'ai pas été malade...) Bref, des petites choses de tous les jours qui sont autant de calculs et d'anticipation... On dira même "un truc de gonzesse, quoi !" De quoi faire culpabiliser n'importe quelle personne qui se prend un peu la tête pour s'organiser... Et bien, non, c'est un comportement purement hédoniste, je me rends compte que j'avais bien mal lu Epicure à la fac parce que sinon cela fait bien longtemps que j'aurais été en paix avec moi-même... J'ai eu le déclic en lisant La puissance d'exister de Michel Onfray : " L'hédonisme suppose donc un calcul permanent afin d'envisager, dans une situation donnée, les plaisirs escomptés, mais aussi les déplaisirs possibles. Faisons la liste de ce qui peut advenir de réjouissant ou de fâcheux, de plaisant ou de désagréable, puis jugeons, soupesons, calculons avant d'agir. Epicure explique cette règle mathématique: ne pas consentir à un plaisir ici et maintenant s'il doit être payé plus tard d'un déplaisir. Y renoncer. Mieux : choisir un déplaisir dans l'instant s'il conduit plus tard à la naissance d'un plaisir. Eviter, donc, la pure jubilation instantanée. Car jouissance sans conscience n'est que ruine de l'âme..." A quoi nous pouvons ajouter les mots d'Epicure : " Car ce ne sont pas les banquets et les fêtes ininterrompus, ni les jouissances que l'on trouve avec des garçons et des femmes [et j'ajouterais pour être plus moderne les "plaisirs" de la consommation], pas plus que les poissons et toutes les autres nourritures que porte une table profuse, qui engendre la vie de plaisir, mais le raisonnement sobre qui recherche les causes de tout choix et de tout refus, et repousse les opinions par lesquelles le plus grand tumulte se saisit des âmes." Bref, la sagesse se trouve dans la quête de bonheurs simples et l'évitement des contrariétés de la vie de tous les jours en les anticipant. C'est un peu comme ça que j'ai toujours fonctionné. Ceci dit, cela appelle peut-être une autre question : le sage ne s'affaire-t-il qu'aux problèmes du quotidien ? Les petits bonheurs simples de la vie, certes... Mais il faut peut-être voir un peu plus loin, et finalement, qu'est-ce qu'un bonheur simple ? Un bonheur peu coûteux ? Un bonheur nécessaire ? Mais si c'est la cas, chaque sujet est différent et n'a pas les mêmes besoins qu'un autre. Ce qui est nécessaire pour l'un ne l'est pas forcément pour un autre, à moins de ne considérer que les nécessités vitales, et là cette pensée me paraîtrait un peu terre à terre.

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