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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

actes et sentiments

Hier soir j'étais avec des amis philosophes, au sens premier du terme. Non, pas des étudiants ni des docteurs en philo, pas des spécialistes de Kant, de Platon ou de Nietzsche. Des spécialistes de la vie, tout simplement. Des personnes qui vivent, parfois survivent, et surtout, réfléchissent, analysent, et conduisent leur vie de la manière qui leur paraît la meilleure, la plus juste, la mieux en adéquation avec eux-mêmes, tout en acceptant, à des degrés divers, la remise en question. Quel plaisir d'échanger les fruits de ces réflexions personnelles tout en sirotant du vin jusqu'à cinq heures du mat'! Au cours de nos longues réflexions nous avons évoqué notamment le fait qu'on est ce qu'on montre et ce qu'on fait. En particulier dans nos relations avec les autres. Si l'on montre de l'amitié à quelqu'un mais qu'en fait on éprouve en secret pour cette personne des sentiments amoureux, et bien c'est l'amitié qui prime. Il n'y a pas d'amitié en soi, il y a des marques d'amitié (là j'avoue je plagie un peu Michel Onfray...). Chacun a droit à son jardin secret malgré ce qu'il laisse transparaître dans ses comportements. Cela s'appelle du contrôle. Mais me direz-vous, n'est-ce pas de l'hypocrisie tout simplement ? Je ne pense pas, c'est plutôt la part de liberté et de libre-arbitre que nous avons face à nos pulsions et nos pensées intimes bien souvent incontrôlables. Il serait injuste je trouve que nous soyions tout bonnement ce que nous sommes, sans possibilité de maîtrise, sans possibilité d'en montrer autre chose, quelque chose qui serait plus proche de nos convictions intimes, celles que nous nous forgeons "en notre âme et conscience", indépendament de notre inconscient. C'est là je crois que la philosophie (dans sa branche morale) dépasse la psychologie. La psychologie explique, la philosophie permet de dépasser cette explication de nous-mêmes pour nous faire évoluer. J'ai très peur du côté figé des explications psychologisantes qui à la limite fournissent des excuses à nos comportements, en ne faisant rien d'autre que nous déculpabiliser de nos actions, un peu en réaction contre une forme de morale judéo-chrétienne elle aussi figée dans l'inconscient collectif. La philosophie n'excuse ni ne culpabilise, elle nous permet de maîtriser nos actes, d'avancer vers l'avenir dans une idée d'évolution, et nous guide vers une forme de sagesse sans cesse maléable et en aucun cas pétries de valeurs morales universelles. C'est chacun, par sa vie et ses expériences, qui construit pas à pas ses lignes de conduite et sa propre sagesse, en trouvant sa place parmi les autres sagesses individuelles. Individualités, interactions entre individus, interactions entre individus et environnements, interactions entre individus et évènements, voilà je pense quelques-unes des réalités à l'intérieures desquelles nous avons à tracer notre chemin de vie vers la sagesse. C'est là que je reviens à la question des "vrais philosophes", ceux qui conduisent leur vie, d'une manière ou d'une autre, parfois bien loin des grandes théories, mais on se rend vite compte en discutant avec des personnes comme cela que leurs réflexions personnelles ne sont pas très éloignées de certaines réflexions philosophiques "officielles". Un dernier petit mot sur l'hypocrisie : on est hypocrite, je crois, lorsqu'on montre quelque chose de diamétralement opposé à ce qu'on pense vraiment (ce qui est différent de nos instincs ou de nos pensées "pulsionnelles") dans un but clairement calculateur, ou lorsqu'on fait croire à quelqu'un que la relation qu'on entretient avec lui est sincère et profonde alors qu'on la sait parfaitement superficielle. C'est différent de laisser croire à quelqu'un qu'on l'apprécie alors qu'on pense le contraire, et de montrer de l'amitié à quelqu'un alors qu'on éprouve des sentiments amoureux, dans ce dernier cas comme disait l'un d'entre nous hier, "c'est toujours de l'amour". Mais là ou il y aurait effectivement tromperie, à mon sens, c'est de faire croire à de l'amitié, donc mettre en confiance, dans le but conscient d'abuser par la suite de cette personne... Il y a de sacrées nuances je crois !

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Valerie 15/01/2007 15:21

Bonjour 
c'est grâce au forum que je suis allée rendre une visite sur ton blog. De plus, il m'intéresse parce que je me pose exactement les mêmes questions ! Moi aussi j'ai écris sur certaines choses de la vie, des choses inexplicables ou indicibles, et parfois destructrices. Ton texte sur "actes et sentiments" prouvent que l'être humain recherche avant tout la protection, il se protège des agressions extérieures, car qui a-t-il de plus troublant que d'aimer son ou sa meilleure amie en cachette quand on a une vie bien établie, des enfants, un mari qu'on aime, un métier, une maison? Je crois que nous sommes tous confrontés un jour ou l'autre à ce genre de sentiment et  selon notre raison, forte ou faible, on passe à l'acte. Pour ma part, je'essaie de garder la tête froide et de choisir le chemin le moins tortueux pour moi mais surtout mes enfants, mon mari. Car il faut toujours garder à l'esprit que nous ne sommes plus seuls à partir du moment ou on a une famille et que nos actes auront un jour ou l'autre des conséquences sur elle aussi!
Bravo  il est vraiment très bien ton blog. 
Valérie    

Morgane 15/01/2007 20:06

Merci pour ce commentaire qui vient compléter mon propos car je n'avais pas vu les choses de cette manière, n'ayant moi-même pas la responsabilité d'une famille. Dans ce que tu dis il y a quelque chose qui me tient très à coeur, l'idée d'agir "en son âme et conscience", chaque vie est différente, on peut avoir à prendre des décisions difficiles, mais lorsqu'on a pris le temps de les réfléchir, de les intégrer, il est plus facile alors de les assumer. L'important c'est je crois de savoir agir en individu et non en égoïste, se préserver soi et ce qu'on est en prenant les autres en compte, et à plus forte raison notre entourage proche.