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Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

droit dans le mur ? Ou bien...?

Je ne suis pas assez catégorique pour porter un jugement, quelqu’il soit, sur les choix que fait l’humanité et donc sur la tournure que prend son histoire. Car au fond, rien n’est écrit d’avance, ni dans ma vie, ni dans la vôtre, ni dans celle de l’humanité dans son ensemble. Chaque humain est une cellule (je n’irai pas jusqu’à dire un électron libre, même s’il en existe quelques-uns, sûrement) qui fait sa petite vie, avec ses désirs, son niveau de compréhension du monde qui l’entoure, et surtout, je veux dire en conséquence, ses actes. Tous ces actes ont des impacts et tous ces impacts de tous les humains ont un impact global sur la Terre, le Temps, et font l’histoire humaine. Aucun humain ni groupe d’humains ne maîtrise totalement cette histoire, même si des hommes de pouvoir semblent écrire l’histoire en menant le reste du troupeau.

L’humanité est-elle en marche vers l’autodestruction, ou bien prendra-t-elle d’autres voies ? Se libèrera-t-elle de quelques postulats tels que « le progrès humain passe par le développement technologique et la croissance économique » ou encore « la décroissance est une idée d’arriérés qui veulent revenir à la bougie » ou bien « les lois sécuritaires sont faites pour assurer notre sécurité » ? L’humain se libèrera-t-il de ses peurs ? Ou bien prendrons-nous une autre voie, nous qui construisons des machines capables de faire des calculs bien supérieurs à nos capacités intellectuelles et par conséquent disposent d’une faculté d’adaptation surpuissante, et qui tôt ou tard prendrons le contrôle sur nous ?

Il y a plusieurs voies possibles, et dans tous les cas, je l’espère, il se trouvera des hommes et des femmes capables de résister à l’oppression et à la dictature.

Je ne suis pas plus pour une dictature de l’écologie et du respect de la planète que pour un capitalisme qui sacrifie l’énergie des hommes et des femmes sur l’autel de la sainte croissance économique. Tous ce qui oblige, contraint, empêche, impose, sous quelque bannière ou conviction que ce soit et dans un cadre général au mépris des cas particuliers me semble illégitime. Quel humain est assez clairvoyant et intelligent pour savoir ce qui est bien ou mal, même si beaucoup ont cette prétention ? Si nous devons anéantir la planète, et nous faire sauter le cul avec, soit, faisons-le. Je dirais que nous sommes bien partis pour, surtout avec tous nos oxymores du type « croissance verte », « développement durable » et « prime à la casse ».

Les « politiques », les intellectuels, les photographes en hélico, les firmes de pétrole qui fuient et qui les sponsorisent, peuvent bien gesticuler pour la planète. Consomme, pollue, vient à confesse faire ton bilan carbone et mets de la tune dans la boîte pour racheter ton âme. Après nous, le déluge, en attendant, passons tous à la caisse.

Mais au fond, je n’ai pas de jugement sur cet état de fait. Il s’agit d’une sorte de constat. Par contre, je suis certaine d’une chose, c’est que, en mon âme et conscience, je ne veux pas y participer. En tout cas le moins possible. Mais je ne veux pas rien faire non plus.

Juste essayer de montrer qu’il est possible de faire et de vivre autrement, qu’il n’y a ni fatalisme, ni déterminisme à la situation et à la mentalité humaine. Qu’on peut vivre bien en travaillant moins, juste avec moins d’argent et plus d’entraide et d’échanges directs, entre humains. Ce qu’aucun système politique ne saura instituer parce qu’une donnée fondamentale de l’émancipation est absolument antinomique au pouvoir : l’autonomie. L’autonomie d’individus ou de groupes d’individus dans leur subsistance d’une part, mais aussi dans leurs choix éducatifs, philosophiques, artistiques, sociaux, économiques d’autre part. Autonomie ne signifiant pas sectarisme ni repli sur soi. Juste la maîtrise de nos outils et de nos moyens de subvenir à nos besoins.

Une vie exemplaire ne serait pas la démonstration de ce qui est absolument parfait, ni ne signifierait « moi je fais comme ça, faites tous comme moi ! » Mais plutôt : voici quels sont mes choix de vie en fonction de mes convictions et de mes paroles, j’essaie d’être cohérente entre mes actes et mes pensées, ça donne ça, c’est possible. Et faites-en ce que vous voulez, mais ne venez pas rétorquer à mes humeurs « décroissantes » et autonomistes que ce ne sont que des idées impossibles à mettre en oeuvre dans la société actuelle. Faut juste savoir ce que l’on veut vraiment. Evidemment, entre le vouloir, les concepts, les idées et l’actualisation de ceux-ci il y a des écarts, la réalité, les moyens dont nous disposons, les choix sur les manières de s'y prendre montrent parfois rapidement leurs limites et laissent un goût d’imperfections aussitôt repérées par nos détracteurs. L’action est engagée dans le temps et dans la matière, difficile de résoudre toutes les contradictions en un jour ! On me dira alors : « mais enfin, c’est la même chose, à une autre échelle, pour les hommes politiques et les actions qu’ils veulent mettre en oeuvre pour actualiser leurs beaux discours humanistes ! » Certes mais je vois quand même quelques différences : les politiques et autres décideurs (parmi lesquels les "gros" industriels tous secteurs confondus) ont la prétention de parler au nom de milliers de personnes (c’est vraiment oublier le fait que ces milliers de personnes sont des milliers de cerveaux potentiellement capables de penser par eux-mêmes, dans toute la diversité et la complexité que cela implique), et puis, honnêtement, je ne crois pas que leur motivation première soit du pur altruisme ! Bon mais d’accord, ce dernier argument est ad hominem, il est par conséquent réfutable puisque fallacieux (si toutefois on ne considère que les règles de la logique, non celles du « bon sens » !)

Je conseille vivement le film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global, pépinière d’exemples de personnes cohérentes, intègres et autonomes dans des contextes économico-socio-politiques  souvent difficiles.

Et un grand merci à Eyjafjöll, sur ce sujet je renvoie en lien le billet de l’ami Zorro !

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