Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Vielosophi & Cie

Vielosophi & Cie

Tentatives de réflexion pour vivre et agir en conscience...

la vie passe, mais que devient l'enfant que nous étions ?

Il me semble avoir déjà évoqué ce film ici, auparavant. Dans L'auberge Espagnole, le personnage incarné par Romain Duris comprend en regardant une photographie de lui enfant que cet enfant-là, il ne veut pas le décevoir. Cette scène m'avait beaucoup touchée. Je sentais qu'il y avait-là une piste à suivre mais je ne savais pas vraiment comment la trouver. Enfant j'écrivais des poésies et des histoires, je m'intéressais aux animaux, j'avais la chance de pouvoir monter à cheval, j'avais beaucoup d'admiration pour ceux qui savaient s'occuper d'une ferme, qui chaque jour affrontaient le froid et les intempéries pour soigner leurs bêtes au quotidien, et savaient réagir avec sang-froid et bon sens aux imprévus qui se présentaient. Je les admirais et j'enviais leur force, ils étaient mes vrais héros, ils avaient à mes yeux quelque chose d'invicible. Plus tard, au collège ou au lycée, je ne sais plus très bien, je me souviens m'être sentie mal à l'aise lorsque les professeurs nous expliquaient que dans un "pays développé" les emplois du tertiaire étaient en proportion grandissante et supérieure à celles des autres secteurs... A l'époque je ne savais pas quelles questions formuler à ce sujet, mais quelque chose dans cette réalité me semblait manquer cruellement de bon sens. Je ne vais pas me lancer dans une analyse socio-économique de notre société actuelle "développée". J'ai simplement de plus en plus l'impression d'une impasse, et la certitude que le dogme de la croissance est une erreur de l'humanité.
Ce que je remarque sur un plan très personnel, c'est que depuis quelques années je retrouve mes rêves d'enfant, que le passage à l'âge adulte semble réaliser. Réaliser, ce qui signifie non pas faire advenir ces rêves mot pour mot, image pour image, dans une sorte d'idéal fantasmé; mais plutôt que ma réalité actuelle s'ancre plus solidement sur les grandes lignes de ces rêves, ou désirs. Lorsqu'on est enfant, on a des rêves, qui sont l'équivalent des projets à l'âge adulte, sémantiquement parlant, il me semble. A un moment donné, dans ma vie, quelque chose en moi m'a crié que je n'avais pas suivi la bonne direction, et au lieu de faire taire ce perturbateur (enfin, dans mon cas, cette perturbatrice), j'ai voulu l'écouter en faisant des choix qui ont pu paraître à certains assez délirants. Aujourd'hui je sais que j'ai bien fait d'écouter cette voix. J'ai choisi une sorte de "pauvreté volontaire" et une vie de nomade afin de vivre plus intensément certains essentiels (me nourrir, me chauffer, me laver, les relations aux autres, la liberté et l'amour, par exemple). C'était une manière de devenir plus forte, plus confiante, et je n'ai jamais regretté d'avoir abandonné ma "petite vie tranquille et chiante". J'ai fait plus d'expériences ces trois dernières années, j'ai appris davantage de choses et rencontré davantage de gens que durant les trente premières. On entend souvent dire que la véritable richesse n'est pas matérielle. Mais lorsqu'il ne s'agit que de mots, cela ressemble à une maxime pour consoler les pauvres ou les frustrés de la société de consommation. Pour vraiment comprendre cette phrase, il faut non seulement l'expérimenter, mais aussi faire le choix de cette expérience. Pour moi, cela a été le point de départ d'une forme très intéressante de liberté. J'y reviendrai plus tard.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article